Deux députés MR tirent la sonnette d’alarme sur l’avenir énergétique de la Wallonie

Deux dossiers, un même enjeu: la sécurité d’approvisionnement et la décarbonation de notre énergie. À Tihange, le recours suspensif contre un permis contesté de démolition des unitesnucléaires impose un arbitrage politique avant tout acte irréversible. Dans le Hainaut, la Boucle du Hainaut doit s’accélérer pour renforcer le réseau, permettre le développement économique hennuyer et intégrer davantage d’électricité pour la Wallonie, notamment offshore. Les députés MR vont interpeller les ministres Engagés compétents afin qu’ils garantissent des décisions cohérentes avec les engagements de la majorité.

Les députés wallons MR Valérie Bluge et Olivier Maroy tirent la sonnette d’alarme sur deux dossiers qui, ensemble, conditionnent l’avenir énergétique et économique de la Wallonie : d’une part, le permis visant la démolition des tours de refroidissement 1 et 2 sur le site de Tihange ; d’autre part, la Boucle du Hainaut, infrastructure indispensable pour renforcer le réseau et permettre l’intégration des futures productions d’électricité, notamment l’éolien offshore.

Ces deux dossiers appellent une réponse politique claire de la Région et une cohérence avec le niveau fédéral sur la transition et l’intégration des renouvelables. En Wallonie, les députés vont interroger le ministre François Desquesnes: comme autorité de recours sur le dossier Tihange, et comme ministre en charge des Infrastructures et de l’Aménagement du territoire sur l’accélération et la sécurisation du calendrier de projets critiques comme la Boucle du Hainaut.

Tihange : un recours suspensif, une décision politique

Le Collège communal de Huy a introduit un recours suspensif contre le permis unique délivré par l’administration, visant la déconstruction des tours de refroidissement 1 et 2.

« Nous demandons au ministre Desquesnes de faire preuve de cohérence avec le niveau fédéral et ne pas négliger l’importance de notre sécurité d’approvisionnement pour les décennies à venir. J’appelle le ministre à une décision cohérente dans le cadre du recours. »

— Valérie Bluge, députée MR au Parlement de Wallonie

La Déclaration de politique régionale prévoit que le « Gouvernement travaillera avec l’Autorité fédérale, dans les limites de ses compétences, pour rendre possible l’implantation d’une nouvelle filière nucléaire, de préférence sur les sites nucléaires existants ou en extension de ceux-ci. ».

Boucle du Hainaut : passer à la vitesse supérieure

L’autre dossier qui doit absolument s’accélérer, c’est la Boucle du Hainaut. C’est un maillon essentiel du réseau : sans capacités de transport suffisantes, la Wallonie ne pourra ni accueillir de nouveaux investissements industriels, ni sécuriser durablement son approvisionnement électrique.

Les conséquences économiques d’un retard sont documentées. Selon une étude indépendante du bureau Deplasse & Associés, l’abandon du projet ferait courir un risque de 2.500 à 7.000 emplois par an et de 180 à 500 millions d’euros de valeur ajoutée perdue chaque année. À l’inverse, sa réalisation pourrait générer jusqu’à 10,2 milliards d’euros de valeur ajoutée d’ici 2050, et près de 5.000 emplois pendant la phase de construction.

Au-delà de l’économie, c’est aussi une condition de crédibilité de la transition : sans renforcement du réseau, l’électricité produite en mer ne peut pas être acheminée efficacement vers l’intérieur du pays.

« La sécurité d’approvisionnement, ce n’est pas seulement produire : c’est aussi transporter. Sans réseau, l’offshore, la décarbonation et la réindustrialisation restent des slogans. La Boucle du Hainaut doit avancer. »

— Olivier Maroy, député MR au Parlement de Wallonie

Ce que le MR met sur la table

Le MR plaide pour deux priorités : garantir qu’aucun acte irréversible ne soit posé à Tihange tant que le recours n’est pas tranché, et accélérer les infrastructures critiques, dont la Boucle du Hainaut, pour lever la congestion du réseau et offrir la visibilité attendue par l’industrie.

« Dans les deux cas, c’est le même enjeu: éviter des décisions irréversibles qui ferment des options, et accélérer les infrastructures indispensables pour sécuriser l’approvisionnement et réussir la transition. Nous avons déjà du retard : la Wallonie ne peut plus se permettre d’attendre », concluent les deux députés.

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